Le 14 décembre 2020. À dix jours de Noël, les locataires du 11 945 rue Lachapelle, un immeuble de 40 appartements, se demandent s’ils pourront réintégrer leur logement à temps pour le temps des fêtes. Depuis l’incendie qui a lourdement endommagé le système électrique et quatre logements de leur immeuble, le 7 avril dernier, les délais se multiplient. La vingtaine de ménages locataires qui logent à l’hôtel au frais de la ville et qui se sont fait promettre à maintes reprises le retour dans leur logement n’en peuvent plus.

 

Les locataires s’étaient fait dire qu’ils ne pourraient pas réintégrer leur logement avant septembre, ensuite ce délai fut prolongé à octobre et en novembre. Le Service des incendies demandaient de nouveaux travaux. La dernière étape consisterait à installer des portes coupe-feu. Selon des informations obtenues de l’Arrondissement Ahuntsic-Cartierville, ces portes seraient livrées le 16 décembre. Suite à leur installation, l’immeuble devrait redevenir habitable, s’il n’y a pas d’autres délais.

 

La situation vécue par les locataires de la rue Lachapelle est une des multiples formes du phénomène des évictions qui est une menace pour de nombreux ménages locataires, notamment ceux qui ont un prix de loyer en dessous du prix moyen du marché.

 

Le propriétaire de la rue Lachapelle aurait-il profité de l’incendie pour procéder à des « rénovictions » ? Rappelons certains faits :

 

 

 

 

L’instauration d’un registre des loyers, réclamé par les Comités logement depuis de nombreuses années, permettant de connaître le prix du loyer du locataire précédant, empêcherait les augmentations de loyers abusives, dont celles que s’apprête à exiger le propriétaire du 11 945 rue Lachapelle aux futurs locataires.

 

Le Comité logement Ahuntsic-Cartierville (CLAC) soutiendra les locataires de la rue Lachapelle qui désirent entreprendre des recours au Tribunal administratif du logement contre le propriétaire pour qu’ils soient dédommagés pour ce qu’ils ont subie.

 

Le CLAC demande à l’Arrondissement Ahuntsic-Cartierville d’exiger du propriétaire qu’il finalise  les travaux de rénovation prévus au plus vite.  Le CLAC lui demande également à ce que tout soit fait pour que la très grande majorité des locataires puissent réintégrer leurs logements pour Noël.

 

Rappelons qu’à ce jour, le propriétaire, Aldo Constructions, n’a obtenu que 5 000$ d’amendes de la part de l’Arrondissement. Les frais d’hébergement des locataires sinistrés à l’hôtel, payés par la Ville de Montréal, se chiffrent au bas mot à 400 000$.

 

La détresse et l’injustice vécues par les locataires victimes d’évictions douteuses n’est pas une catastrophe naturelle. Elles peuvent être évitées par des mesures sévères de la part des pouvoirs publics. Sinon, bon nombre de citoyens vont perdre confiance en leurs institutions.

(Source: Comité logement Ahuntsic-Cartierville)

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *