JOURNAL DES VOISINS, Dimanche 11 janvier 2026

Les enfants face à la violence conjugale

Les conséquences de la violence conjugale sur les enfants sont multiples. Photo: Benoit Dosseh/JDV.

Dans le cadre de ses activités contre la violence conjugale, le CACI, à travers son projet ICI Femmes, a organisé, le 9 juillet, une séance d’information autour de la thématique : les conséquences de la violence conjugale sur le rendement scolaire des enfants.  

Le ton fait la chanson. À travers ce propos, Wanex Lalanne Zéphyr, conférencier de la rencontre, illustre les aspects d’un foyer aux prises avec la violence. Une famille dans laquelle règne une ambiance délétère impacte négativement l’épanouissement des enfants.

Types de violence conjugale

La violence conjugale n’est pas que physique. Elle est aussi spirituelle, sexuelle, financière (violence économique). Elle se caractérise aussi par la maltraitance émotionnelle ou psychologique. De plus, elle s’observe non seulement en situation de vie de couple ou même quand les parents sont séparés. Elle est également une forme de maltraitance psychologique pour les enfants.

La proportion des enfants, de 6 mois à 17 ans, témoins d’une violence conjugale subie par un parent durant une année varie selon le sexe, rapporte l’Institut de la statistique du Québec. En effet, 6,7% d’enfants sont exposés à la violence subie par leur mère. Le pourcentage des enfants exposés à la violence envers leur père est de 4,3%.

Répercussion sur les études

La violence conjugale, souligne Wanex Zéphyr, cause des déséquilibres chez les enfants. Ceux-ci vivent par procuration la souffrance du parent opprimé. Les conséquences sont immédiates dans leur rendement scolaire, soutient le conférencier, également enseignant au secondaire.

En raison du fait qu’il n’existe pas une sérénité à la maison, l’élève n’a pas la tranquillité d’esprit pour faire ses devoirs. Par conséquent, ses résultats scolaires dégringolent. Parfois, il s’isole. Il vit une dépression silencieuse. Et lorsque les signaux ne sont pas vite remarqués, cela conduit au décrochage scolaire.

« Le décrochage scolaire de l’enfant, dans ce cas, vient du décrochage des parents », estime-t-il. « L’élève peut abandonner l’école en raison du fait qu’il se trouve dans une ambiance qui n’est pas propice à l’apprentissage », conclut-il.

Conséquences sociales

L’engrenage de la violence conjugale a des répercussions au-delà de la scolarité des enfants. Elle pousse les victimes à la dépendance de stupéfiants tant pour les parents que pour les enfants. Cependant, ce cas n’est pas extrême, car la violence conjugale peut entrainer la mort d’un partenaire. Elle peut aussi être la cause de suicide.

Ressources disponibles

Diverses ressources existent pour venir en aide aux victimes de violence conjugale. En plus du Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ), il y a :

  • SOS violence conjugale, qui offre de l’écoute téléphonique, du soutien psychologique et une intervention immédiate.
  • Le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) permet d’avoir accès à des professionnels formés en intervention.
  • La Commission des services juridiques – Rebâtir offre 4h de consultation gratuitement aux victimes de violence conjugale ou de violence sexuelle.

Ces ressources sont disponibles tous les jours. Elles fonctionnent 24 heures sur 24.

L’Institut de la statistique du Québec révèle qu’en « 2023, 27 082 personnes ont été victimes d’infractions contre la personne en contexte conjugal, dont 20 590 femmes et 6 492 hommes. »  Et ces chiffres ne représentent que les violences rapportées à la police.

Cette séance d’information a permis à certains participants d’extérioriser leur mal être. Elle a donné l’occasion à d’autres d’en apprendre davantage et de s’outiller afin d’éduquer leurs enfants dans un cadre bienveillant.

 

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