La Montreal Works. Photo : Philippe Rachiele, JDV

La Société d’histoire d’Ahuntsic-Cartierville a fêté, en 2025, ses 10 ans d’existence. Créée en 2015, celle-ci commence ses activités en contestant la démolition de l’usine du temps de guerre, la Montreal Works.

La création

L’idée d’une société d’histoire prend forme auprès de bénévoles qui ont à cœur la protection du patrimoine du quartier. L’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville est un des derniers quartiers à mettre en place un tel projet dans le nord de l’île.

C’est autour de la table de cuisine de Valérie Nadon et de Vincent Garneau qu’est née la SHAC. En même temps que l’arrivée d’un premier bébé, ce qu’ils définissent comme une bulle au cerveau fait en sorte que les 2 historiens convainquent facilement les gens de se joindre à eux. Le bouche-à-oreille, des gens rencontrés au hasard de leur travail et de leurs connaissances sont recrutés pour commencer tranquillement la société. « On ne pensait pas que ça partirait vite comme ça. On se disait qu’on allait construire tranquillement le conseil d’administration, notre site web et qu’on aurait du temps pour trouver des fonds. La menace de démolition de la Montreal Works en a décidé autrement, » nous disent les 2 fondateurs.

Les fondateurs de la SHAC, Valérie Nadon et Vincent Garneau. Photo : Marie-Hélène Paradis / JDV

La Montreal Works

Exemple de patrimoine industriel militaire de la Seconde Guerre mondiale, la Montreal Works était une manufacture de munitions construite en 1942. À la fin de la guerre, elle a été reprise par la Crown Industrial Building et aménagée en 22 espaces industriels. Lors de l’essor de l’industrie du textile, le secteur Chabanel est en pleine transformation. Dans les années 1970, l’édifice de la Montreal Works est ceinturé par de nouvelles constructions. On ne voit sa façade qu’entre 2 immeubles sur la rue Saint-Laurent.

En 2015, sa démolition est annoncée pour faire place à une cour de services et des bureaux pour la ville.

La première bataille

« Ça ne nous rentrait pas dans la tête qu’un bâtiment fondateur du quartier Chabanel soit démoli. Il était très viable, il y avait moyen de faire quelque chose de bien. On aurait pu sauver au moins la moitié. Il n’y a pas eu de consultation citoyenne prévue pour l’obtention d’un permis de démolition pour la moitié du bâtiment. Il n’y a toujours pas de projet alors qu’on disait que c’était urgent de démolir, » racontent les fondateurs. Le bâtiment a été démoli en 2016.

La suite des choses

À partir de là, les nombreux dossiers se suivent. Fort Lorette, maintenant un site protégé, est le suivant. La protection du patrimoine d’Ahuntsic-Cartierville est à l’ordre du jour et compte plusieurs dossiers importants de l’est à l’ouest de l’arrondissement, que l’on pense à la Maison du Pressoir, à l’église de la Visitation, à l’école Sophie-Barat ou au ruisseau Raimbault.

Les membres honoraires 2025. Photo : Marie-Hélène Paradis / JDV

Honorer les bâtisseurs

À l’occasion de cette fête, la SHAC a choisi d’honorer des bénévoles qui ont marqué son histoire. Une société d’histoire ne peut fonctionner qu’avec le travail de passionnés. Les membres honoraires sont : Valérie Nadon, Vincent Garneau, Yvon Gagnon, Paul-André Linteau, Francine Legrand et Gérard Morel.

Les anniversaires de 2026

En 2026, plusieurs anniversaires importants sont à l’horaire des festivités. Trois événements commémoratifs pour célébrer 3 sites patrimoniaux du Sault-au-Récollet. On soulignera les 330 ans de Fort Lorette, le site des Moulins, la digue et la Maison du Meunier fêteront leur 300e anniversaire et l’église de la Visitation ses 275 ans. Une programmation complète sera annoncée sous peu.

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