La conseillère du district Bordeaux-Cartierville, Effie Giannou, et des membres du comité de voisinage sur le site de l’ancienne École Montessori. Photo : Benoît Dosseh / JDV

Il règne un mélange d’indignation, d’incompréhension et d’inquiétude chez les résidents de Cartierville proches de l’ancienne école Montessori, sise au 6250, boulevard Gouin Ouest, qui a brûlé le 5 avril 2024. Leur espoir de voir se dresser une école primaire publique sur ce lot appartenant au CSSDM risque de partir en fumée, sans compter le risque sanitaire que présente le site eu égard à sa dégradation avancée.

La broussaille s’affirme, pour l’heure, comme l’usufruitier des ruines du bâtiment #065 (lot 2 376 042). Les murs de cette ancienne école sont lézardés, tagués de graffiti. Certains se sont effondrés. Et la suie y a ancré son impact, tout comme le temps sur les ferrailles rouillées. Laissé à l’abandon depuis plus d’une décennie, il catalyse la consternation du voisinage.

Pascale Gauvin-Oligny, Jean Sébastien, Gina Dizazzo, Tina Lanni, Ottavio D’Alessio, Federico Arciero, Jean Labadie et Ariane fontaine ont constitué un comité de voisinage de l’édifice. Il y a plus d’un an qu’ils frappent à toutes les portes pour faire entendre la voix des résidents du secteur.

Sortir du labyrinthe électronique

Las de recevoir des communications électroniques qui ne répondent pas à ses préoccupations, ce comité a participé au dernier conseil d’arrondissement de la mandature d’Emilie Thuillier, le 3 octobre 2025. Son incompréhension concerne, entre autres, la démolition de l’édifice et la décision du CSSDM d’aliéner le terrain.

À la première loge des initiatives de ce groupe, la conseillère du district Bordeaux-Cartierville, Effie Giannou, avoue également son incompréhension vis-à-vis du labyrinthe électronique. Elle suggère une rencontre tripartite pour clarifier ce dossier. « Une administration locale devrait avoir une meilleure collaboration avec les différents paliers du gouvernement. Pourquoi cela paraît-il compliqué de travailler avec le CSSDM ? », interroge-t-elle.

La décontamination des sols ne fait pas partie des travaux de démolition. Photo ;Benoît Dosseh / JDV

 Démolition annoncée

L’arrondissement a accordé le permis de démolition du bâtiment le 21 mai 2024. Plus d’un an après, ce lieu en délabrement avancé dont la clôture n’est pas sécuritaire pollue toujours le décor du secteur.

Joint par le Journal des voisins, le CSSDM indique qu’il a lancé à l’automne 2025 un appel d’offres pour procéder à la démolition avec une date prévisionnelle de réalisation du chantier au cours de l’hiver ou du printemps 2026.

Pendant ce temps, l’état actuel de l’ancienne école Montessori fait dresser le poil, car des enfants curieux franchissent la clôture. En plus, des itinérants et d’autres individus profitent de ce cadre désespérant.

Visions opposées

Bâtiment excédentaire du Centre de services scolaire de Montréal, l’édifice d’une valeur de 7 490 664 $ va être aliéné. Le conseil d’administration du CSSDM en a décidé ainsi à la suite d’une recommandation de ses services compétents en la matière, en février 2024.

« C’est l’analyse des besoins de capacité d’accueil qui permet de déterminer l’usage des bâtiments excédentaires. En s’appuyant sur cette analyse, le CSSDM détermine si un bâtiment excédentaire doit être repris à des fins scolaires, aliéné ou maintenu en location, selon le cas. Cette analyse se fait en continu », nous dit le responsable des relations avec la presse.

L’agrandissement de deux écoles primaires, à savoir François-de-Laval et Louisbourg, est un des éléments pris en compte dans la décision. De plus, le CSSDM souligne qu’il possède une autre propriété excédentaire mieux située dans le secteur et dont le potentiel conviendrait aux besoins scolaires futurs.

Il y aurait donc un désavantage à construire un nouvel établissement scolaire à cette adresse. Une perspective qui surprend le voisinage. « Pourquoi le CSSDM ne nous a pas consultés avant de décider d’aliéner le terrain ? » s’indigne Pascale Gauvin.

Il y a deux garderies proches de l’édifice en ruine. La première, le CPE Les petits trésors brillants, se trouve au 6490, boulevard Gouin Ouest. Elle accueille environ 70 enfants. La seconde, la garderie Le petit palais du quartier, située au 6411, boulevard Gouin Ouest, en compte 49.

Gina Dizazzo a dénombré pas moins de sept garderies dans un rayon de 1 km de cette ancienne école Montessori. Selon son recensement, plus de 400 enfants fréquentent ces garderies.

Un constat amer

Des parents sont contraints d’inscrire leurs enfants dans des écoles privées pour éviter de longs trajets, la grande majorité d’entre eux devant se résoudre à envoyer leurs enfants à l’école en autobus. « Pour des enfants de six à huit ans, ce n’est pas normal », souligne Federico Arciero.

La distance entre le 6520, boulevard Gouin Ouest et l’école primaire Louisbourg est de plus de 4 km. François-de-Laval est quant à elle à 3,1 km de là. « À partir de Grenet, il n’y a plus d’école dans le secteur. Nous voulons avoir le choix d’inscrire nos enfants dans une école primaire publique ou non », font remarquer les membres du comité de voisinage de l’ancienne école Montessori.

Cet article a été publié dans la version papier du JDV de décembre 2025.

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