JOURNAL DES VOISINS, Dimanche 11 janvier 2026

Daniel Croteau ressuscite les arbres morts

 

Avec la complicité des émondeurs, Daniel Croteau ramasse trois à quatre troncs d’arbres par session. Photo : JDV / Benoît Dosseh

Les mardis après-midi, Daniel Croteau, amoureux des arts depuis son jeune âge, se livre à la sculpture juste derrière les locaux de l’Union des familles d’Ahuntsic (UFA). Le sexagénaire y a suivi des cours de sculpture. Il offre une nouvelle vie aux troncs d’arbres de l’arrondissement sous le contrôle de sa professeure Isabelle… Forêt.

Une poussière de bois se déverse sur une bâche étalée au sol. Le bourdonnement d’une scie à chaîne rivalise avec le vrombissement des moteurs des véhicules lourds provenant du boulevard Henri-Bourassa. Dans ce froid automnal [8 o C, ce jour-là], Daniel Croteau façonne un énième tronc. «Je suis en train de faire une biche», indique-t-il.

Un étudiant à part

Initié à la sculpture par «un ami», il a commencé le façonnage du bois par de petites réalisations avant de décider d’opter pour de « grandes sculptures ». Trouver les troncs sans que cela lui coûte toutes ses économies a été la seconde phase de sa transition.

«Je voyais souvent dans le quartier des émondeurs couper du bois un peu partout. [Je les ai approchés pour savoir] si je pouvais prendre les morceaux pour faire des sculptures et ainsi redonner vie au bois», narre-t-il. Comme sa sollicitation a été accueillie favorablement, depuis, lorsqu’il le peut, il collecte les troncs pour en faire des œuvres d’art.

Figurant dans certaines productions audiovisuelles, Daniel Croteau s’adonne à sa sculpture chez lui, mais aussi à l’atelier de sculpture sur bois qu’offre l’UFA, sous la supervision d’Isabelle Forêt.

La salle de cours de l’atelier de menuiserie et de sculpture sur bois de l’UFA. Photo : Benoît Dosseh

Le regard en 3D d’Isabelle Forêt

Professeure de sculpture sur bois pour adulte depuis une vingtaine d’années, Isabelle Forêt laisse le groupe présent en salle durant quelques minutes pour superviser son travail et corriger les imperfections. «Isabelle, c’est le mentor, c’est la personne qui voit en trois dimensions. Elle nous prodigue des conseils avec quelques coups de crayon pour pouvoir nous [adapter]», souligne l’étudiant.

«Il a un peu de difficulté à voir vraiment en 3D», explique la professeure, qui tempère et oriente ses ardeurs. Le sexagénaire réalise trois à quatre œuvres «figuratives ou abstraites» par session.

Le bruit et le voisinage

Auparavant, les décibels produits par les assauts répétés de sa scie électrique sur les troncs faisaient grincer des dents certains résidents du bâtiment abritant l’UFA. Et pour cause, vu la taille de ces sculptures, il avait coutume de travailler hors de son atelier de sculpture. Pour lui permettre de continuer sa passion sans perturber la quiétude de ceux-ci, une famille voisine lui a proposé son entrée de garage afin qu’il puisse laisser libre cours à ses inspirations sans déranger qui que ce soit.

Avec plus d’une centaine de sculptures à son actif, dont certaines ont trouvé acquéreurs, Daniel Croteau espère pouvoir organiser un jour une exposition de ses œuvres.

UFA : joindre l’utile à l’agréable

De nombreuses institutions, dont l’UFA, offrent une multitude d’activités pour répondre au besoin d’épanouissement et de découverte de la population.

Fondée en 1963, l’Union des familles d’Ahuntsic (UFA) est un organisme qui propose « des activités diverses et accessibles, au niveau du coût », résume Hélène Marceau, directrice de l’UFA.

L’organisme organise une kyrielle d’activités sportives, artistiques ou encore linguistiques à l’année, telles que la broderie japonaise ou la sculpture, toutes deux spécifiques à l’UFA, selon elle.

Opérationnelle toute l’année, l’UFA offre aussi entre autres les cours suivants : cerveau actif, cuisine, yoga, aérobie, tai-chi, ping-pong, menuiserie pour enfants, langue, aquarelle, musique (piano, violon).

Durant l’été, un camp de jour sociolinguistique est programmé afin que les jeunes allophones puissent pratiquer le français.

L’organisme propose également certaines activités familiales gratuites : le foobaskill, qui est un mélange de soccer et de basketball, des jeux de société, des activités psychomotrices pour les enfants de 12 mois à cinq ans, une chorale.

L’Union des familles d’Ahuntsic est basée au 161, boulevard Henri-Bourassa Ouest.

La bunka, broderie japonaise : « Une peinture aux fils » qui cultive la patience, indique Élise Marchand, professeure de broderie japonaise.

Cet article est tiré du numéro d’hiver du Journal des voisins (version imprimée) dont le dossier principal est consacré à la culture à Ahunstic-Cartierville.

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