JOURNAL DES VOISINS, Dimanche 11 janvier 2026

Repenser le plaisir de courir, un pas à la fois

 

De gauche à droite: Joanie Bérubé, Julie Bonenfant, Geneviève Gariépy et Josée-Marie Ouellet en pleine séance hivernale du club de course Les pas en forme. (Photo: courtoisie Geneviève Gariépy)

Dans plusieurs parcs du quartier, un club de course pas comme les autres prend d’assaut les sentiers. Surnommé Les pas en forme, ce groupe guidé par Geneviève Gariépy offre une option de rechange inclusive et décontractée aux clubs de course traditionnels. 

Ce texte de la chronique urbaine de quartier a été publié dans la version imprimée du Journal des voisins, le Mag papier de décembre 2023-janvier 2024, à la page 31

Il est 9 h samedi matin au parc-nature de l’Île-de-la-Visitation. Le mercure est sous la barre des 0 °C et le sol est légèrement mouillé. Comme chaque samedi, été comme hiver, Geneviève retrouve ses comparses pour une séance de sport en plein air. 

Après une courte période d’échauffement, la guide propose d’alterner entre une minute de marche et plus d’une minute de course («aux deux semaines, on augmente de 10 secondes, dit-elle. Là on est rendu à 2 minutes 20 secondes»), à répéter 10 fois.

Toutes les participantes (et quelques hommes et enfants) partent ensemble, puis chacune évolue à son rythme: «Je pars le chrono, tout le monde marche une minute. Ensuite, je repars le chrono pour la course, mais certaines continuent à marcher, tandis que les autres courent, puis quand ça finit, je siffle et tout le monde revient sur ses pas. On repart ensemble; il n’y a jamais personne qui est laissé à l’arrière», souligne Geneviève Gariépy.

Pour les moins matinales, Les pas en forme propose deux autres sorties pendant la semaine à 18 h 30. Vous pourriez les voir passer dans le parc Frédéric-Back les mardis, parées de leurs lampes frontales à ce temps-ci de l’année. Les jeudis soir, le départ se fait au parc Ahuntsic vers le Parcours Gouin.

Club inclusif

Nombreux sont ceux pour qui sport et plaisir s’accordent mal. C’est souvent lié à des expériences négatives, à l’école ou à la salle de sport, remarque Geneviève. 

«Ici, tout le monde, peu importe sa condition physique ou un handicap, peut venir courir et sentir qu’il a sa place», explique celle qui n’a jamais eu de plaisir à s’entraîner avec des gens «trop en forme». Des novices aux personnes reprenant doucement la course après une blessure, et même des coureurs qui s’entraînent pour des marathons, chacun-e peut trouver sa place loin des pressions de performance et des rythmes de base à respecter.

Les pas en forme est né il y a environ quatre ans: «Avant la pandémie, je voulais juste deux ou trois nouvelles amies pour courir relax, donc j’ai fait une publication sur un groupe Facebook de quartier». Elle reçoit 100 réponses dans l’heure. «J’ai compris que ça correspondait vraiment à un besoin», ajoute-t-elle.

Aujourd’hui le groupe compte plus de 600 membres, dont un noyau dur composé d’une vingtaine de personnes, majoritairement des femmes.

Courir sur la neige est un grand plaisir, selon Geneviève Gariépy. (Photo: Anvel, courtoisie pixabay.com)

Courir en hiver?

Ce n’est certainement pas l’arrivée de la saison froide qui les décourage: «Ça crée une habitude, on ne veut pas arrêter», explique Geneviève. 

Le sport en hiver s’apprivoise. Comment? En s’habillant avec plusieurs couches, en prenant le temps de bien s’échauffer, et surtout en étant à l’écoute de ses limites. Les membres du groupe sont d’ailleurs très actifs en dehors des séances et ils partagent leurs connaissances et conseils sur leur groupe Facebook. 

Quand la motivation baisse inévitablement, ils partagent une pensée: «Chaque fois que ça ne me tente pas, j’essaie de repenser à une course que j’ai regretté de faire: y’en a zéro», confie-t-elle. 

Et puis à ce qu’il paraît, courir sous la neige a un petit quelque chose de magique.

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